Le Château d'Alleuze

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Les Noms des Villages

Grâce au Dictionnaire Topographique du Département du Cantal, publié par Emile Amé en 1897, il est possible de suivre à la trace les noms anciens des villages d'Alleuze. Certaines formes varient fort, ce qui peut tenir aux incertitudes des rédacteurs des siècles passés, mais aussi au système linguistique utilisé par eux : par exemple, en moyen français, [oi] se prononce [wè], alors qu'en ancien français, ces lettres se prononçaient séparément (o-i) et qu'aujourd'hui, elles notent [wa]. Les choses se compliquent du fait des usages graphiques de la langue d'oc et du latin médiéval...

Vue du château depuis le Calvaire de La Barge - Photo : Marc Duval, février 1999.
Le Château d'Alleuze vu depuis les hauteurs de La Barge, le hameau principal. Photo : Marc Duval.

L'origine des Noms

La plupart des lieux-dits d'Alleuze ont une étymologie incertaine. Au plus peut-on remarquer que certains villages ont un nom dont l'origine remonte à l'époque gauloise, voire à une ère antérieure. D'autres sont clairement latins ou occitans. Le Dictionnaire des Noms de Lieux de Dauzat et Rostaing peut certes donner d'utiles indications, d'ailleurs contredites par d'autres ouvrages spécialisés, tels que Les Noms de Villes et de Villages d'Eric Vial (Belin, 1983). Les rapprochements ci-dessous évoqués restent donc sujets à caution : ils sont interrogation bien plus que certitude...

Il reste une l'impression générale : l'ancienneté de ces noms de lieux. L'un au moins, peut-être plus, remonte à l'époque gauloise, voire pré-gauloise. D'autres paraissent remonter à l'époque gallo-romaine. Les plus tardifs sont forgés sur des radicaux latins ou de langue d'oc.

Alleuze : il pourrait bien s'agir de la déformation du mot allodium, qui en latin médiéval désigne l' alleu, c'est-à-dire le domaine seigneurial libre de toute sujétion, dont le seigneur ne relève d'aucun suzerain. Les manuscrits médiévaux montrent qu'il en existait plusieurs dans la région. La graphie [z] pourrait fort bien porter trace d'un ancien [d-s]... Le mot alleu dérive du germanique alod, apporté par les invasions.
D'autres personnes ont suggéré un rapprochement avec le mot d'origine gauloise alauda, l'alouette. Proposition peu pertinente.

Le Château d'Alleuze. Photo : Pierre Soissons.
Le Château d'Alleuze vu par Pierre Soissons.

La Barge : il est hautement probable que ce mot représente le gaulois barga, la pente.

Barry : plusieurs villages de France portent ce nom. Il paraît provenir d'un radical gaulois, voire pré-gaulois, bar-, désignant le sommet, la hauteur, à quoi s'ajoute un suffixe -ium. Cela a donné en occitan la forme barri, assez fréquente pour désigner un rempart.

Bessols : probablement ce nom est-il à rapprocher des nombreux Besse de la région, lesquels remontent à un radical gaulois bettu-, le bouleau.

Fontberline : il est clair que la font, tant en langue d'oc qu'en ancien français, désigne la source (du latin fons, fontis, f.). Mais la seconde partie est obscure. Faut-il la rapprocher de la berula, la berle, le cresson de fontaine ? La prudence est de mise, d'autant que l'occurrence la plus ancienne de ce nom de lieu-dit est font-raurline, avec un -r- : faute de copiste, ou au contraire  trace d'un mot ancien sans rapport avec l'actuelle deuxième partie -berline ?

Languiroux : origine inconnue. Faut-il relier ce mot à des noms de propriétaires gallo-romains, comme c'est le cas pour Langeac (< *Langius, du gaulois Langus) ou pour Langoiran (<*Lingorius, du gaulois Lingos ou Licorius) ?

Lestournels : un rapprochement avec l'étourneau est certes tentant, mais rien n'est moins sûr.

Noux : il ne semble pas opportun de relier ce vocable à des noms comme Nods, La Noue, La Noë, etc., car ces villages sont tous de la partie nord de la France; ils supposent un lieux marécageux (<nauda, lieu marécageux). La finale en -x, portant trace d'un -c final, suggère plutôt un lieu planté de noyers (lat. naucarium, noyer < nux, nucis, noix).

Le Salès : ce vocable a-t-il la même origine que la ville de Salers (Salernum, d'un radical celtique  sal- évoquant la rivière et d'un suffixe -ernu-)   ?

Surgit :  ce village, orthographié Surgy au siècle dernier, doit-il son nom à un propriétaire gallo-romain, comme d'autres villages français du même nom (Surgy, dans la Nièvre, dérive de Sorgi-acus, domaine d'un certain Sorgius) ? Ou bien faut-il songer à la déformation de cerasus, mot latin pour le cerisier, puisque ce mot est à la base du nom de Surgères, dans les Charentes-Maritimes ?

Védrines : si les dictionnaires évoquent d'ordinaire le latin médiéval vitrina, la verrerie, pour les villages de ce nom, certains linguistes ont jugé plus probable que cette appellation provienne d'une forme veterina, évoquant la présence de troupeaux (vetus, veteris, n. en latin classique).

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La Chapelle Saint-Illide, auprès du Château d'Alleuze. Photo : Marc Duval.
La Chapelle Saint-Illide, auprès du Château d'Alleuze. Photo : Marc Duval.

La chapelle du château est consacrée à Saint Illide. Illide ou Elide est mort martyr en 676. En ces années-là, une querelle avait éclaté entre Saint Prix, évêque de Clermont, et le Comte Hector de Marseille. Ce dernier fut condamné à mort par Clotaire II, mais sa parentèle voulut le venger. Une embuscade fut tendue à Saint Prix alors qu'il revenait à Clermont, accompagné de l'abbé Damarin et d'un acolyte, Elide. Les soldats se trompèrent et tuèrent l'abbé. Saint Prix se fit alors connaître et fut mis à mort. Les soldats tuèrent aussi Elide, le seul de la suite qui ne se fût pas enfui.

D'après René Crozet, les Saints d'Auvergne, De Borée, 1966.

 

 

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